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En Jordanie, près de Wadi Massa, cachées (comment peut-on cacher quelque chose d'aussi immense?) entre d'innombrables montagnes, d'autres montagnes, creusée et façonnées inlassablement par l'homme, portent en elles les secrets de Petra. Aucun mot ne peut décrire l'intention ni l'ambition qui guida les mains des auteurs. Une civilisation entière, une ville de milliers d'habitant, aucun matériau de construction. Que le roc sulfureux, gratté, tordu, frotté. Sans se contenter d'être un chef-d'œuvre de l'humanité, les décors de Petra ont étés façonnés par les éléments. Le résultat final est époustouflant.***
Aujourd'hui, c'est samedi (pas pour de vrai, juste pour l'histoire), c'est donc la journée du bain. C'est la journée d'eau! C'est le moment de faire le lavage. Il faut remplir tous les réservoirs jusqu'à ce qu'on atteigne notre quota (pas une goutte de plus, sinon ca va couter cher!). Comme a l'habitude, il faudra passer de nouveau six jours sans avoir d'eau courante. La Jordanie est l'un des pays les plus pauvre en eau. Un Jordanien consomme en moyenne 8 litres d'eau par jour. Et moi? Ouf...***
Je marche dans une rue de Jerash. Une petite fille de... Disons 10 ans me fixe, se tourne vers ses amies et s'esclaffe. En souriant, je la regarde et la salue de la main. Elle me regarde en retour dans les yeux et me demande dans un surprenant anglais: "Where you frommmm?". Je lui réponds "Canada" (j'ai abandonné depuis longtemps mon espoir de me faire comprendre en disant Québec). Elle me salue de la main, et me lance un chaleureux: "Welcome to Jordan", puis retourne jouer avec ses amies. Deux coins de rue plus loin, une dizaine de garçons jouent au soccer dans une ruelle. Je passe près d'eux et, en blaguant, leur fait signe de me faire une passe. Quelques secondes plus tard, j'avais un ballon dans les pieds, que j'ai renvoyé avec vigueur au jeune le plus proche. Un peu intimidé mais souriant, il lança un bref mais franc "welcome" avant de retourner à son sport.Le Jordanien qui arrive au Québec, lui? On lui parle de travaux politiques publics pour déterminer si on lui enlève le droit de porter sur la tête le foulard qu'on porte au cou. On le "respecte", à distance et sans un mot, en espérant qu'il ne soit pas terroriste et en se demandant où sont ses 4 femmes. Et si un des jeunes de la rue lui parle, ce sera pour le traiter de taliban, pas pour lui souhaiter la bienvenue. Non, je n'ai définitivement pas de blues du voyageur!

... ou un haut fonctionnaire du ministère de l'Immigration va venir chercher la femme voilée à l'école pour la fouttre à la porte de son cours de francisation, en prétextant qu'elle doit s'intégrer "plus que ça" à "notre culture".
RépondreSupprimer(je vais arrêter de penser à ça, ça me met tellement de mauvaise humeur!)
Ceci dit, j'aime bien te lire. Profite bien de ces quelques derniers jours dans ce magnifique pays avant de venir te faire botter les foufs à Miltenberg. :) Bisousx