Amman est un labyrinthe blanc. Cette ville est l'exemple parfait d'une municipalité dont les ingénieurs civils sont en grève depuis 50 ans. C'est un vieux Québec tordu ou les demeures sont d'un blanc cassé, sablonneux. C'est un dédale de ruelles, sens uniques, embranchements et escaliers ayant été échappés sur quinze collines escarpées, où les intersections sont créées a coups de dés, ou chaque rue refuse systématiquement de se conformer a la loi non écrite qu' "une rue, c'est droit".
C'est fort probablement le seul endroit au monde ou on enseigne le PhD en "chauffeur de taxi"! Oh, et si je termine ma carrière en designer de peinture pour auto (voir le blogue du Caire), je pourrais diversifier ma clientele en ajoutant simplement un peu de blanc a ma "saleté égyptienne" pour la transformer en "poussière de Jordanie". Amman, c'est des magasins propres, ou le proprio a un respect pour les clients, ou malgré l'absence presque totale d'alphabet occidental, tout le monde se débrouille en anglais. C'est une ville parsemée de ruines romaines bien conservees. C'est un endroit ou les effluves de thé a la menthe, de flafel et de babaganouj sont constamment mélangées à celle du gazoil local. Je ne sais pas trop ce que contient l'essence des Jordaniens, mais leurs vehicules crachent une fumee noire, opaque, lourde, voguant nonchalamment une éternité avant d'être dissoute par la brise. Conduire les vitres ouvertes, c'est fumer une cigarette de mazout, conduire la fenêtre fermée, c'est passer vingt minutes dans un spa hors de contrôle, tout habillé.
À la croisée des chemins entre islam traditionnel et islam moderne, la place d'Amman dans le monde est délicieusement décrite par la musique qu'on y entend : une musique électronique lourde, limite techno, alliant à la recette occidentale des gammes perses, une horde d'instruments traditionnels et des basses tribales a défoncer les tympans. Amman est agitée, mais pas hors de contrôle comme l'est Le Caire, en Égypte.
Dans ce décor urbain hétéroclitement disposé mais constant dans son essence -il existe virtuellement un seul modèle de maison ici- seuls les minarets s'élèvent ici et la, et crachent leurs prières quotidiennes. Je serais un très mauvais musulman. Contrairement a ce que je prévoyais dans un blog précèdent, je n'ai plus aucune difficulté à ignorer la prière de 4AM. Je vais en fait peut-être même m'en ennuyer!
Après 10 jours en territoire arabe, j'aimerais décerner un doctorat honoris causa a mon système gastro-intestinal pour sa constitution d'acier. Alors que certains perdent jusqu'à la moitie de leur voyage a se vider par tous les orifices possibles (ce sont ironiquement ceux qui font généralement le plus attention...), je n'ai eu aucun problème (et, ironiquement, j'ai teste les fromages locaux, fait la grève du Purel, serre les mains des locaux sympa, mange des fruits et légumes non pelés, non bouillis).
Pour les curieux: j'ai fait mon lavage et j'ai flâné (voir entrée du blog précédente). Le sommeil, c'est plutôt ce soir que je le rattrape: un luxueux 8h de dodo m'attend. Je ne suis pas convaincu que ca me fera du bien... Ce sera un peu comme inviter un éthiopien au Tomas Tam (buffet chinois crade). Une fois qu'on est habitue de jeuner, l'excès devient pire que la privation!
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Woow mon doux Alex tu me fais vivre ton voyage à travers ce blogue c'est fou!!! J'en rêve vraiment trop beaucoup.... (soupir)
RépondreSupprimerXXX M-M