Cette histoire commence par: "il était une fois".
Il était une fois un jeune homme, dans un train bondé de gens, avec un air quelque peu nostalgique. Ses quatre-vingt-dix minutes de transport ne furent pas passées à lire, écouter de la musique ou même espionner la vie pétillante du wagon #2. Elles furent dédiées à un rêvassement un peu bête, accompagné d'un regard inattentif sur le paysage bavarois défilant à toute vitesse. Prolonger la panne des horloges du monde. Laisser le deuxième esprit de Coelho envahir son âme.
Réveil abrupt.
Le train s'arrête à la gare de Frankfurt. Évidemment, la DeutschBahn est toujours en retard quand on est pressés, mais rapide lorsqu'on a déjà une heure d'avance pour un rendez-vous. Me redresser. Chercher de l'énergie pour créer de l'anticipation. Je rencontre mes deux futurs compagnons de voyage dans moins d'une heure. Je devrais être beaucoup plus excité. Allez, on regarde en avant. En avant.
***
J'aperçois au loin un grand gars, portant des lunettes fumées disproportionnées (à l'intérieur d'une sombre gare de train, un jour de pluie). Ça, c'est Bruno. Et puis, mon regard se pose sur son collègue: casquette blanche, absence de pad (!!), backpack gargantuesque et air un peu perdu. Lui, c'est JD. Les voici! Malgré les volcans, les thèses, les ex, les sœurs, les équipes de sport, l'argent, malgré toutes les contraintes du monde ayant pu assombrir les perspectives de voyage, nous voici trois, réunis à Frankfurt et prêts à montrer à l'Europe le summum du ridicule québécois. Et je vous jure, malgré le décalage horaire et la fatigue accumulée, on n'a pas chômé.
***
Résumé des 24 dernières heures:
- Covoiturage avec M, Klauss (Bruno a presque demandé si son prénom était Santa. Come on.) et sa BMW 5er de Frankfurt à Munich, sur l'autobahn, avec pointes de vitesse atteignant le 230 km à l'heure. Jamais 400 km n'auront parrus si courts, ni si dangereux. Bruno a dit à M. Klauss que sa musique était très relaxante, et qu'elle devait être efficace pour le calmer s'il se sentait agressif. Il a aussi comparé sa musique à des photos de chatons. Heureusement, Herr Klauss parle très mal anglais. Bruno va se faire battre d'ici la fin de ce voyage.
- En théorie, mes comparses étaient fatigués et ne voulaient pas sortir trop loin de l'auberge. On y reste donc pour boire un verre, tranquilles. Le verre se transforme évidemment en 6 bouteilles de 0.5 L, et le hasard veut que les vendredi soient des soirées karaoké. Jamais "My Heart Will Go On" n'aura été aussi massacrée, et ce par trois french canadian qui ont sans aucun doute laissé une forte impression (bonne ou mauvaise, aucune idée, mais définitivement forte!).
- Les gens, ici, ne terminent pas leur bière lors du last call. Bruno nous a fait remarquer notre "syndrôme du québécois cheap", soit notre regard apeuré devant toutes ces bières pleines, avec la tentation inavouée de les terminer avant de partir.
- En 8h en Allemagne, JD a oublié son manteau au bar, manteau qui accessoirement contenait son passeport. Bravo.
- Coucher vers 4:30AM, en état d'ébriété fort avancé.
- Levé à 9:00AM, dans le meilleur état d'esprit pour aller visiter Dachau, plus précisément le camp de concentration y étant situé. Une visite poignante, qui nous a vite fait ravaler nos plaintes de maux de tête et de déshydratation.
- À l'heure où j'écris ces lignes, j'abuse du portable de Bruno, qui comme JD est présentement en plein milieu d'un power nap. Plan de match de la soirée: indéterminé. Officiellement, un Pub Crawl quelconque. Reste à voir si les deux loques humaines en face de moi sauront se motiver...
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

Juste te faire remarquer que cette fixation sur Coelho est vraiment troublante... voire peut-être malsaine. Je m'y mets, histoire de voir si c'est contagieux ce truc. Je m'engagerai donc à nous faire soigner.
RépondreSupprimerLes pages pliées en haut. Elles sont remarquables! (Selon moi, évidemment...). Highlight majeur à la page 27. Thérapie de groupe à envisager.
RépondreSupprimer