Au revoir Allemagne, bières bavaroises, currywust et frishkäse. Merci pour ton hospitalité, mais on repassera pour la température (deux demi-journées ensoleillées depuis le 2 mai...).
Bienvenue Amsterdam. La conduite de Berlin à Amsterdam fut longue et pénible, principalement dû au fait que Bruno conduisait. Leçon apprise: ne jamais le laisser conduire à nouveau. Cyclistes d'Amsterdam, je m'excuse en son nom! Point positif: comme Rahan, nous avons suivis le soleil! Enfin.
Première impression d'Amsterdam: le décor est enchanteur mais la ville est incroyablement sale. Mais avant d'aborder ce sujet, voici une parenthèse. Le centre-ville est découpé par de nombreuses petites rivières artificielle, les canaux d'Amsterdam. Plus de 2000 ponts sont présents dans la ville. Malgré les minces ponts, les rues courbes et le design urbain original, les citoyens d'ici ne se contentent pas d'utiliser un seul moyen de transport adapté. On y voit plutôt une horde de cyclistes, des nuées d'auto, des troupeaux de tramways, des bandes de scooters alternant entre piste cyclable et voie des autos, des groupes de piétons (généralement touristes, et assurément en train de nuire à l'un ou l'autre des moyens de transport), sans oublier les solitaires véhicules tout terrains, les bruyantes motos, les chaloupes, hors-bord et bateaux-mouche. Et comme si survivre en se déplaçant n'était pas déjà une réalisation, on apprend que les hollandais sont très sympa mais qu'ils deviennent incontrôlablement agressifs si, lors qu'ils sont à vélo, ils doivent poser un pied à terre à cause d'un piéton leur barrant momentanément la voie. J'aurai attisé le courroux de nombreux gens, désolé!
Je reviens à la première constatation: belle, mais sale. Les façades historiques penchées, les rues étroites, les canaux n'ayant rien à envier à Venise, Amsterdam est magnifique et possède un cachet unique qui ne nous laisse presque jamais croire que l'on est dans une métropole. Autre côté de la médaille: des sacs d'ordures empilés par dizaine à presque chaque coins de rue, des gommes, cigarettes, restants de frites et verre cassé jonchant le sol des rues, même des places publiques. Quel genre de ville peut accepter cette situation? Nous étions honnêtement outrés. Je ne mens pas, la ville d'Amsterdam, le 16 au soir, était plus sale que Le Caire.
Nous ne sommes pas fous. Quelques heures plus tard, nous apprenons que les éboueurs étaient en grève depuis deux semaine. Une entente a été signée le matin même, et en moins de 24 heures la ville s'est libéré de l'essentiel de son manteau d'ordure. Beaucoup mieux. Malgré tout, la première impression est ratée.
Comment parler d'Amsterdam sans aborder leurs mœurs libérales. La marijuana y étant tolérée depuis longtemps (sans toutefois être légale!), de nombreuses personnes en consomment. Que ce soit dans les coffee shops ou dans les rues, l'odeur de printemps est inévitable. Fait intéressant: là où le pot est légal (aux Pays-Bas pour ceux qui ne suivent pas), seul un maigre 5% de la population en a déjà fait l'essai. À l'inverse, chez nos très conservateurs et puritains étasuniens, c'est environ 25% des gens qui en ont consommé! Comme quoi l'illégal est toujours attrayant de par son statut...
Maintenant, au tour de la prostitution. Les filles se louent une fenêtre durant 8 heures pour environ 175$, puis font leur "travail" sur place. Pour m'être promené dans le Red Light District le jour et la nuit, je serais prêts à mettre 1000$ sur la table qu'il n'y a pas beaucoup d'étudiantes à l'université y payant leurs études... Les visages sont longs, lassés, vulgaires. Elles vivent des regards de désirs des passants (et de l'argent de ceux qui veulent une petite vite) et flanchent à chaque regard de mépris, de jugement. Un meatmarket qui sent plus mauvais que la poissonnerie du dimanche à Aqaba, en Jordanie.
Notre court périple à Amsterdam est d'ailleurs déjà terminé. Au moment où j'écris ces lignes, je suis dans un train en route pour Hoek Van Holland où nous prendrons un bateau vers l'Angleterre (et où nous devrons nous libérer des excès des jours passés). Je vois les champs de tulipes défiler sous mes yeux, ainsi que d'innombrables moulins. Je me suis encore une fois réfugié seul sur mon banc pour tenter de profiter de quelques moments de solitude.
Si je pouvais apporter mes bands, mes amis/famille, mon rendez-vous du 18 (plus qu'exactement un mois!) à l'étranger, je ne rentrerais jamais chez moi. Malgré déjà plus d'un mois à voyager et à ne jamais dormir à la même place plus que 4 nuits, je ne suis pas nostalgique de la stabilité de ma vie québécoise. Quoique une poutine et une Fin du Monde sont toujours tentants... Comme dirait Kundera: "ce patient souffre d'insuffisance nostalgique". J'aime la maladie.
Prochain chapitre: Londres. J'ai hâte!
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Y sont dans les jambes les cyclistes, pis bon la priorité est à celui qui se la prend.
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